mardi 12 avril 2016
mercredi 10 septembre 2014
What's in a name? (complainte de l'enfant gâtée qui tentait de devenir adulte)
Le bébé a déjà 20 jours, ou presque, ou quelque chose comme ça...
Et toujours pas sûrs de son prénom.
Il serait temps de se décider, les enfants, vous allez pas vous amuser à jouer longtemps avec ça, non?
Où qu'est-y où qu'est-y?
Sera-t-elle distinguée, élégante, volontaire, affirmée? Ou porteuse de mauvaise augure? De mauvais souvenirs? de peurs? D'envie de hurler?
Pourquoi, encore, toujours cette envie de hurler?
Pourquoi parfois cette lance, ce fer si brûlant, acéré?
Pourquoi envie alors de partir, de prendre mes clics et mes clacs, c'est fini, bam! foutre le camp, aller voir ailleurs si j'y suis, sur une plage qui n'aurait pas de nom, à me balancer sur la planche de bois reliée au toit du petit bar-cabane par d'épaisses et sympathiques cordes, à siroter une margarita, personne me connaît, je connais personne, seul un vieil indien sur le T-Shirt duquel se cabre un cheval sous l'orage corrige mes fautes d'espagnol, que sea, pas que es, ah ouais c'est vrai, c'est du subjonctif, ay papi! perdona, forgive me, et ressers moi un verre, toi, espèce de beau barman bronzé qui appartient à une autre, et en vérité je m'en fiche, je ne suis venue ni pour toi ni pour moi ni pour le sable sous mes pieds, ni pour les étoiles illuminant ce petit phare penché rouge dans l'océan, telle la tour de Pise, mais pour...
Pour quoi au juste?
Et qu'irais-je donc foutre là-bas? Et comment ne pas trouver l'ennui? Et dans l'ennui, comment ne pas trouver ce qu'ici je fuis?
Serpent Shiva qui se mord la queue qu'il a jolie, d'ailleurs.
Non. Là n'est pas la solution.
Alors quoi?
Les faire partir, tous?
C'est fini, Berlin, vous y avez vécu votre temps, allez hop, va voir ailleurs si ton accent y a la même saveur, et laisse moi enfin prendre possession de chacune des ruelles, faire de cette ville la mienne, sans souvenirs d'une autre vie, d'un autre temps, vampire qui sur les clichés n'apparaît pas, et maintenant là, bien en os bien en chair surtout, Label rouge, mon pote, on s'est pas foutu de ta gueule, et alors quoi? tu te pousserais pas d'là que j'm'y mette?
Non non non non non... La Spoiled Brat's dictature a des limites... Il faut savoir accepter.
Se taire, devant le prénom. Laisser faire. Avancer. Faire sa paix.
Mais comment, mais comment, quand encore une porte est laissée ouverte? Ils ont combien de jours pour le changer? Pour se pointer devant le registre des déclarations et balancer: Oui, désolé, on s'est trompés. On aimerait changer. Un autre, un autre prénom, un autre. Un qui plaira. Qui ravira. Qui ne portera pas malheur, tristesse, poids, vague à l'âme.
S'engouffrer dans la porte, pénétrer, régenter, ça s'passera comme ça et pas autrement?
Ou devenir vipère, dans le sommeil susurrer, aie confiance, Hortense, et laisse moi te guider...?
Ah qu'il est long le chemin de la sagesse, loin des caprices et des desiderata, chaque jour un peu plus forte et un peu moins pourrie mais quand même, m'est témoin Buddha, elle est salée, la tartine...
Et toujours pas sûrs de son prénom.
Il serait temps de se décider, les enfants, vous allez pas vous amuser à jouer longtemps avec ça, non?
Où qu'est-y où qu'est-y?
Sera-t-elle distinguée, élégante, volontaire, affirmée? Ou porteuse de mauvaise augure? De mauvais souvenirs? de peurs? D'envie de hurler?
Pourquoi, encore, toujours cette envie de hurler?
Pourquoi parfois cette lance, ce fer si brûlant, acéré?
Pourquoi envie alors de partir, de prendre mes clics et mes clacs, c'est fini, bam! foutre le camp, aller voir ailleurs si j'y suis, sur une plage qui n'aurait pas de nom, à me balancer sur la planche de bois reliée au toit du petit bar-cabane par d'épaisses et sympathiques cordes, à siroter une margarita, personne me connaît, je connais personne, seul un vieil indien sur le T-Shirt duquel se cabre un cheval sous l'orage corrige mes fautes d'espagnol, que sea, pas que es, ah ouais c'est vrai, c'est du subjonctif, ay papi! perdona, forgive me, et ressers moi un verre, toi, espèce de beau barman bronzé qui appartient à une autre, et en vérité je m'en fiche, je ne suis venue ni pour toi ni pour moi ni pour le sable sous mes pieds, ni pour les étoiles illuminant ce petit phare penché rouge dans l'océan, telle la tour de Pise, mais pour...
Pour quoi au juste?
Et qu'irais-je donc foutre là-bas? Et comment ne pas trouver l'ennui? Et dans l'ennui, comment ne pas trouver ce qu'ici je fuis?
Serpent Shiva qui se mord la queue qu'il a jolie, d'ailleurs.
Non. Là n'est pas la solution.
Alors quoi?
Les faire partir, tous?
C'est fini, Berlin, vous y avez vécu votre temps, allez hop, va voir ailleurs si ton accent y a la même saveur, et laisse moi enfin prendre possession de chacune des ruelles, faire de cette ville la mienne, sans souvenirs d'une autre vie, d'un autre temps, vampire qui sur les clichés n'apparaît pas, et maintenant là, bien en os bien en chair surtout, Label rouge, mon pote, on s'est pas foutu de ta gueule, et alors quoi? tu te pousserais pas d'là que j'm'y mette?
Non non non non non... La Spoiled Brat's dictature a des limites... Il faut savoir accepter.
Se taire, devant le prénom. Laisser faire. Avancer. Faire sa paix.
Mais comment, mais comment, quand encore une porte est laissée ouverte? Ils ont combien de jours pour le changer? Pour se pointer devant le registre des déclarations et balancer: Oui, désolé, on s'est trompés. On aimerait changer. Un autre, un autre prénom, un autre. Un qui plaira. Qui ravira. Qui ne portera pas malheur, tristesse, poids, vague à l'âme.
S'engouffrer dans la porte, pénétrer, régenter, ça s'passera comme ça et pas autrement?
Ou devenir vipère, dans le sommeil susurrer, aie confiance, Hortense, et laisse moi te guider...?
Ah qu'il est long le chemin de la sagesse, loin des caprices et des desiderata, chaque jour un peu plus forte et un peu moins pourrie mais quand même, m'est témoin Buddha, elle est salée, la tartine...
jeudi 3 juillet 2014
Friend Ship (has sailed?)
Étrange revirement des choses, lorsque l'on a fini par trouver un compagnon de route, un vrai, de ceux sur lesquels on peut compter, de ceux qui sont vraiment là pour soi, pour nous, et pour la vie à deux.
Lorsqu'on ne souffre plus des affres de l'amour et que l'on peut sur son amant se reposer, avec lui, ensemble, avancer, savoir que tout est bien que tout est beau que tout est... boche, et que pour le drame il faudra aller chercher ailleurs, car on a de quoi nourrir et abreuver notre coeur.
Plus de tourmentes, plus de déceptions, plus de chutes. Plus d'illusions, plus de coups bas, plus de terribles transformations.
On aime, on est en couple, et ça marche! et c'est facile. Et bon. Et doux. Et passionnant.
Grande première sur terre aux femmes qui aiment.
Oui.
Mais alors là? Quoi?
Découverte d'un autre mal de la planète, un mal étrange, nocif, sournois, violent, et qui rarement avait frappé, auparavant. Un mal qui ronge et qui rend faible, un mal qui profondément attriste, et fait basculer les fondements. Tout tombe à terre, boum! patatras! On avait pas vu ça comme ça.
L'amitié.
Les amitiés maléfiques.
La trentaine passée, une énième nouvelle vie commencée, on doit alors se confronter à cette réflexion qui jamais auparavant ne nous avait vraiment effleurée: c'est quoi, l'amitié?
qui sont mes amis? où? comment? à partir de quand?
Car l'arrivée dans une nouvelle vi(ll)e s'accompagne d'une redistribution des cartes, ainsi que d'une réaffirmation de qui est véritablement là, ou pas.
Il y a les amitiés dans lesquelles on tombe sans réfléchir, brutalement, comme en coup de foudre. Celles qui s'apprivoisent et qui aiment à mûrir. Celles qui, timides, font trois pas en arrière avant de plonger vraiment.
Il y a celles de toujours, qui nous écrivent de vraies lettres, de celles que l'on reçoit sur papier, sur le paillasson déposées, avec un timbre, et des baisers.
Il y a celles qui nous demandent conseil pour les choix cruciaux de la vie, parce que l'on compte, parce que l'on est de part et d'autre compris.
Il y a celles qui poussent à entreprendre à deux, à construire ensemble, à toujours davantage partager, vivre, expérimenter. Voyager.
Il y a les silencieuses dont on n'entend pas parler des mois durant mais qui, une fois devant soi, à nouveau, et comme au premier jour, nous retournent droit au coeur, lien permanent, fort, coloré.
Et il y a les autres.
Les châteaux de cartes.
Les nuages de fumée.
Celles à qui l'on se donne, pour venir ensuite s'écraser contre la porte fermée.
Celles en qui l'on croit, pour tomber plus bas.
Il y a celles qui trompent et qui manigancent.
Celles qui manipulent.
Celles qui, au beau fort de la courbe ascendante, dessinent alors un looping majestueux, pour mieux accélérer la chute, faire mourir l'échange et se briser la beauté des illusions qui nous disaient que l'on avait là un(e) nouvel(le) allié(e).
Tristesse. Blessure. Incompréhension.
Violence de ces amitiés maléfiques qui viennent vous frapper en pleine face et au moment où l'on s'y attendait le moins.
Étrange revirement de situation qui veut que ce ne soit plus par les hommes que l'on souffre, mais par ces êtres à qui l'on avait ouvert sa vie, qui entraient dans la ronde, danse, liberté, partage, diversité.
Étrange tournant de la vie qui veut que ce soit ces femmes que l'on aimait qui nous blessent et nous délaissent, nouveau visage, haine, jalousie, indifférence, mal désormais, et malheureusement, acquis.
Alors, à tous et toutes les autres, les vrais, les bien réels, à tous ceux et toutes celles que j'aime et en qui je crois, dur comme fer, fort comme le bois, je veux ici dire celles et ceux qu'ils sont pour moi, mon sel, ma vie; mon besoin, ma nostalgie;
mes aimés, mes amis,
mes frères.
mercredi 11 juin 2014
Heimweh, heim... weg? Ou l'ultime frontière...
Le mal du pays, mais pas le sien, pas le mal de la nostalgie.
Au contraire!
Le mal du pays d'un autre, et son poison, qui lentement nous coule dans la veine à chaque seconde que l'on y reste un peu plus.
Jamais encore arrivé de la sorte.
Partir, fuir, s'envoler, dégager, quitter, ô! un instant pouvoir s'élever au-dessus de la mêlée et de la foule, je sais pas moi, être équipée d'une petite hélice portative que l'on aurait coincée dans le sac à dos de manière à pouvoir léviter quelques centimètres au-dessus du sol afin de, déjà, ne plus vraiment faire partie du truc, s'être affranchie du terrain, avoir dépassé la frontière, ne serait-ce que verticale.
L'horreur de ne pas savoir qui, où, quoi, comment, l'horreur d'en être réduite à son enfer imaginaire, à brûler parmi les fantasmes et les fausses et mauvaises projections.
Rien de pire que ce qu'on se raconte et qui devient déjà, réalité, au point de ne plus pouvoir arpenter ces rues inconnues, qu'on aurait voulu pouvoir découvrir, auxquelles on voulait s'intéresser, mais qui ne sont plus, malgré nous, que le reflet d'une vie passée, non la nôtre, celle d'un autre, celle de celui que nous n'avons pas connu.
Et alors, plus le mal du pays, non, plus la nostalgie, mais bien la souffrance incroyable, le besoin irrépressible de dégager, d'en finir avec ce martyre, ça va, c'est bon, elle a bon dos, la croix.
Première fois qu'ainsi se matérialisent véritablement les contours géographiques de la frontière: cette limite, cette identité, ce dessin qu'il me faut transgresser, dépasser, dont il me faut sortir.
Je suis prisonnière d'une carte en 3D et je veux dégager, laissez-moi partir, bordel de queue! que vous faut-il de plus? J'ai mon visa, mon putain de passeport, je sais le lire, votre saloperie d'alphabet, je veux sortir, tu comprends? out! plus de p'tit tour, c'est bon, s'en va! je suis plus là! hop, c'est fini! je veux arrêter avec ça, terminé, regardez-moi bien, vous n'me reverrez jamais.
Et dans son coeur de baroudeuse, d'amoureuse de la route et des rencontres, la honte, la honte d'en être réduite à fuir un pays inconnu, car son imagination tortueuse est plus forte que l'aventure, car les souvenirs inventés d'un passé qui n'est plus ont pourtant eu raison de sa curiosité... présente, et non fantasmée...
Dommage...
Peut-être.
Ou peut-être faut-il aussi parfois savoir s'accorder ce répit, et ne pas chercher, trop vite, trop loin, à s'acoquiner avec la flamme, mais se passer un peu d'onguent au cœur et s'offrir le whisky qui sourit et vient réchauffer les meurtrissures qu'on s'était amusée à se faire toute seule, pour rire, avec des crayons de couleurs gras, de ceux qu'on pensait qu'ils ne marqueraient pas.
Au contraire!
Le mal du pays d'un autre, et son poison, qui lentement nous coule dans la veine à chaque seconde que l'on y reste un peu plus.
Jamais encore arrivé de la sorte.
Partir, fuir, s'envoler, dégager, quitter, ô! un instant pouvoir s'élever au-dessus de la mêlée et de la foule, je sais pas moi, être équipée d'une petite hélice portative que l'on aurait coincée dans le sac à dos de manière à pouvoir léviter quelques centimètres au-dessus du sol afin de, déjà, ne plus vraiment faire partie du truc, s'être affranchie du terrain, avoir dépassé la frontière, ne serait-ce que verticale.
L'horreur de ne pas savoir qui, où, quoi, comment, l'horreur d'en être réduite à son enfer imaginaire, à brûler parmi les fantasmes et les fausses et mauvaises projections.
Rien de pire que ce qu'on se raconte et qui devient déjà, réalité, au point de ne plus pouvoir arpenter ces rues inconnues, qu'on aurait voulu pouvoir découvrir, auxquelles on voulait s'intéresser, mais qui ne sont plus, malgré nous, que le reflet d'une vie passée, non la nôtre, celle d'un autre, celle de celui que nous n'avons pas connu.
Et alors, plus le mal du pays, non, plus la nostalgie, mais bien la souffrance incroyable, le besoin irrépressible de dégager, d'en finir avec ce martyre, ça va, c'est bon, elle a bon dos, la croix.
Première fois qu'ainsi se matérialisent véritablement les contours géographiques de la frontière: cette limite, cette identité, ce dessin qu'il me faut transgresser, dépasser, dont il me faut sortir.
Je suis prisonnière d'une carte en 3D et je veux dégager, laissez-moi partir, bordel de queue! que vous faut-il de plus? J'ai mon visa, mon putain de passeport, je sais le lire, votre saloperie d'alphabet, je veux sortir, tu comprends? out! plus de p'tit tour, c'est bon, s'en va! je suis plus là! hop, c'est fini! je veux arrêter avec ça, terminé, regardez-moi bien, vous n'me reverrez jamais.
Et dans son coeur de baroudeuse, d'amoureuse de la route et des rencontres, la honte, la honte d'en être réduite à fuir un pays inconnu, car son imagination tortueuse est plus forte que l'aventure, car les souvenirs inventés d'un passé qui n'est plus ont pourtant eu raison de sa curiosité... présente, et non fantasmée...
Dommage...
Peut-être.
Ou peut-être faut-il aussi parfois savoir s'accorder ce répit, et ne pas chercher, trop vite, trop loin, à s'acoquiner avec la flamme, mais se passer un peu d'onguent au cœur et s'offrir le whisky qui sourit et vient réchauffer les meurtrissures qu'on s'était amusée à se faire toute seule, pour rire, avec des crayons de couleurs gras, de ceux qu'on pensait qu'ils ne marqueraient pas.
samedi 31 mai 2014
Les Montagnes Russes
Cela fait quelques temps que je ne suis pas venue emplir ces pages... Peut-être est-ce parce que je vis une période heureuse, bien remplie, loin des interrogations et des soucis...
Mais hier soir, entre deux sommeils, je vis apparaître sur les réseaux sociaux le message troublant d'un ami, un petit lutin malicieux, à la fougue contagieuse, et à la danse gitane.
Il écrivait quelques mots, beaux, durs, quelques mots cachés, qui mirent certains dans le doute. Cet homme à la verve piquante, au bon mot décalé, était-il sérieux? Ce dont il parlait était-il vraiment arrivé?
Il écrivait, après deux ans, son frère.
Son frère et le 30 mai 2012, où il fut tué par un chauffard.
Ce jour qui vit toute la vie basculer.
Car il en est du deuil comme de la véritable faille, la profonde cassure, la complète et irréversible transformation.
Je me suis souvent demandé pourquoi on disait que la vie changeait après que l'on perde sa virginité.
Ce n'est pas vrai. La perte de la virginité est promesse, joie, bonheur, ouverture d'horizons.
La perte d'un être cher en est le contraire. Il faut réapprendre à vivre. Réussir à vivre. Malgré. Tout.
Mes rêves de la nuit furent tourmentés.
Je me retrouvais avec mon frère et la ribambelle de mes petits cousins dans un train sillonnant l'Arctique.
Il faut savoir que ma grand-mère, que je perdis il y a presque six ans aujourd'hui, mourut alors que j'étais à Moscou, et m'apprêtais à embarquer pour le Transsibérien.
Dans mon rêve, le paysage était de glace, impressionnant, vierge, splendide. Dans le train, il n'y avait que nous, mais nous l'emplissions de nos cris, de notre vie, de notre agitation.
Ma grand-mère était là aussi, revenue parmi nous pour quelques temps. Je savais, en mon cœur, qu'elle nous quitterait à nouveau. Je ne savais pas quand. Ce n'était pas là la question à poser, ni la réflexion à mener.
Il fallait prendre soin les uns des autres. Faire attention aux enfants. S'assurer qu'aucun ne se penchait par la fenêtre, qu'aucun ne se perdait aux toilettes, dans les couloirs, que personne ne jouait avec un stalactite de glace.
Ma grand-mère demanda à l'une de mes cousines si elle connaissait encore la date de sa naissance, en juillet. Or, ma grand-mère est née en mai. Décédée en juillet. Je le lui fis remarquer. Elle secoua la tête, se reprit. Elle avait confondu sa naissance et sa mort.
J'avais dans les bras un nourrisson, les yeux clos, fragile, dont le cœur battait fort dans ses veines si menues que je ressentais chacune de ses pulsations, qui faisaient écho en moi.
Je devais emmener la bande d'enfants dans un parc d'attractions, je le leur avais promis.
Nous quittâmes donc l'appartement sibérien dans lequel nous avions fait escale, pendant que ma grand-mère préparait sa fête d'anniversaire.
Mais le mois de mai touchait à sa fin et je n'étais pas sûre de ce qu'elle voulait véritablement fêter...
Le bébé dans mes bras, nous arrivâmes dans le parc désert, recouvert par la végétation, qui avait repris possession des attractions mortes.
Une grande ligne de montagnes russes recouvertes d'herbes folles fonctionnait pourtant encore, animée d'un esprit propre. Nul opérateur des machines, elle avançait de son propre chef.
J'y montais avec mon frère, mes cousins. Avouait à mon frère, le plus âgé des enfants, ma peine, mon angoisse. Il nous fallait retourner auprès de ma grand-mère, elle ne préparait cette fête que pour nous, nous ne pouvions pas la rater, qui sait quand nous aurions à nouveau l'occasion de célébrer quoi que ce soit avec elle? Elle était revenue pour nous, il fallait rester à ses côtés.
Mon frère trouva des mots rassurants. Mais regardant le bébé contre moi, dans mes bras, je me sentis envahie par une émotion plus grande, plus forte que moi, comme une vague, un vertige, tandis que les chariots entamaient leur ascension lente, vers le haut de la première montagne, de la première courbe, et je songeais à la vie, à la mort, à tous ces gens que j'aimais et voulais célébrer, à tous ces gens dont je voulais prendre soin, tandis que notre course s'accélérait et que nous nous laissions entraîner par les montagnes russes.
Mais hier soir, entre deux sommeils, je vis apparaître sur les réseaux sociaux le message troublant d'un ami, un petit lutin malicieux, à la fougue contagieuse, et à la danse gitane.
Il écrivait quelques mots, beaux, durs, quelques mots cachés, qui mirent certains dans le doute. Cet homme à la verve piquante, au bon mot décalé, était-il sérieux? Ce dont il parlait était-il vraiment arrivé?
Il écrivait, après deux ans, son frère.
Son frère et le 30 mai 2012, où il fut tué par un chauffard.
Ce jour qui vit toute la vie basculer.
Car il en est du deuil comme de la véritable faille, la profonde cassure, la complète et irréversible transformation.
Je me suis souvent demandé pourquoi on disait que la vie changeait après que l'on perde sa virginité.
Ce n'est pas vrai. La perte de la virginité est promesse, joie, bonheur, ouverture d'horizons.
La perte d'un être cher en est le contraire. Il faut réapprendre à vivre. Réussir à vivre. Malgré. Tout.
Mes rêves de la nuit furent tourmentés.
Je me retrouvais avec mon frère et la ribambelle de mes petits cousins dans un train sillonnant l'Arctique.
Il faut savoir que ma grand-mère, que je perdis il y a presque six ans aujourd'hui, mourut alors que j'étais à Moscou, et m'apprêtais à embarquer pour le Transsibérien.
Dans mon rêve, le paysage était de glace, impressionnant, vierge, splendide. Dans le train, il n'y avait que nous, mais nous l'emplissions de nos cris, de notre vie, de notre agitation.
Ma grand-mère était là aussi, revenue parmi nous pour quelques temps. Je savais, en mon cœur, qu'elle nous quitterait à nouveau. Je ne savais pas quand. Ce n'était pas là la question à poser, ni la réflexion à mener.
Il fallait prendre soin les uns des autres. Faire attention aux enfants. S'assurer qu'aucun ne se penchait par la fenêtre, qu'aucun ne se perdait aux toilettes, dans les couloirs, que personne ne jouait avec un stalactite de glace.
Ma grand-mère demanda à l'une de mes cousines si elle connaissait encore la date de sa naissance, en juillet. Or, ma grand-mère est née en mai. Décédée en juillet. Je le lui fis remarquer. Elle secoua la tête, se reprit. Elle avait confondu sa naissance et sa mort.
J'avais dans les bras un nourrisson, les yeux clos, fragile, dont le cœur battait fort dans ses veines si menues que je ressentais chacune de ses pulsations, qui faisaient écho en moi.
Je devais emmener la bande d'enfants dans un parc d'attractions, je le leur avais promis.
Nous quittâmes donc l'appartement sibérien dans lequel nous avions fait escale, pendant que ma grand-mère préparait sa fête d'anniversaire.
Mais le mois de mai touchait à sa fin et je n'étais pas sûre de ce qu'elle voulait véritablement fêter...
Le bébé dans mes bras, nous arrivâmes dans le parc désert, recouvert par la végétation, qui avait repris possession des attractions mortes.
Une grande ligne de montagnes russes recouvertes d'herbes folles fonctionnait pourtant encore, animée d'un esprit propre. Nul opérateur des machines, elle avançait de son propre chef.
J'y montais avec mon frère, mes cousins. Avouait à mon frère, le plus âgé des enfants, ma peine, mon angoisse. Il nous fallait retourner auprès de ma grand-mère, elle ne préparait cette fête que pour nous, nous ne pouvions pas la rater, qui sait quand nous aurions à nouveau l'occasion de célébrer quoi que ce soit avec elle? Elle était revenue pour nous, il fallait rester à ses côtés.
Mon frère trouva des mots rassurants. Mais regardant le bébé contre moi, dans mes bras, je me sentis envahie par une émotion plus grande, plus forte que moi, comme une vague, un vertige, tandis que les chariots entamaient leur ascension lente, vers le haut de la première montagne, de la première courbe, et je songeais à la vie, à la mort, à tous ces gens que j'aimais et voulais célébrer, à tous ces gens dont je voulais prendre soin, tandis que notre course s'accélérait et que nous nous laissions entraîner par les montagnes russes.
jeudi 6 février 2014
La beauté d'Ava Gardner
Pour la science. Pour
la postérité.
No. Truly, because it
helped me go through it all.
31.07.08
So I was supposed to keep you posted, knew I
wouldn’t be able to, but thought I would address my Transsiberian travel diary entries to
you, then my grandmother fell, and I started writing to her instead.
Haven’t been writing since one week, except on the funeral.
Still don’t think I’ve understood everything, and
it may be for the best.
Haven’t seen you in three months.
Your voice is what I want to hear the most.
Your voice and your words.
That guy’s legs are completely blocking me and
I’m already feeling the blood in my ankles.
Wish he’d just move the fuck out.
I wanted to go to Mexico, to speak Spanish, talk to my tree, my desert companion, and through
him, to my grandmother.
I’m sure the Mayas knew it all, and that the
trees do link us to different worlds. El arbol de la vida.
Pretty easy, my way of thinking: what’s good,
beautiful, what’s easy to enjoy, what fills one with happiness, love, or any
emotions of that range is directly shared with my grandmother.
It’s as though something opened inside me, and
directly linked all my feelings to the earth, passing them inside it, and out
into the wild, as if they were but an electrical strength, something like
thunder, that would pass through and get into all elements, including me, the
fifth - the grand-daughter -, and reach my grandmother through nature’s strength
and beauty.
But anyway. Always the same. Got many other
thoughts in mind, but don’t know if I’d better write them down or let them
peacefully escape. Pleasing my flesh with young Juliettes. She’s been around,
she’s been around.
Yeah I should walk on. The other day we had a
meditation cession with my cousin, the one who spent 17 years between France
and India. During the fifteen minutes where you're supposed to dance, I began rubbing my bare feet
against the carpet, following the music, and couldn’t stop doing it for almost the entire dance.
I was walking, feeling the carpet relaxing my
skin, teasing my nerves, and my tears stopped. I turned to the window, eyes
closed, and the sunshine was leading me to open spaces, mountains, vivid, fresh
air. Walk on.
I knew I’d need to. And told my grandmother at
the hospital.
I also told her about the fairy tale experience
I’d had the day before coming to see her.
In Normandy, our house is five minutes away from my grandmother’s, if you cut trough the fields.
I’d gone down the hill to help my family pack the clothes they were bringing back to
Paris, to the hospital, in case my grandmother would be needing them there.
At that point, we thought she’d be okay, we'd received good news and were thinking she’d go to a re-education centre.
I went down, and started packing her stuff, but
couldn’t prevent certain thoughts from hammering inside my head:
If she dies,
who will choose the clothes she’ll wear? If I had to, I would choose the blue
dress, she looks so young and pretty in that dress.
(Less than a week later, in was in Moscow, and my grand mother was dead, and my mother went through these same clothes and chose this particular dress.)
When I finished packing, I insisted on walking
back home, refused to let them give me a lift. They were extremely concerned,
and in a hurry to get back to Paris.
So I waved at them, and crossed the road,
remembering for the first time in ages the night that young girl - or was it a
boy? - had been killed right in front of my grandmother’s house, driven over by
a tractor.
I was ten, they’d drawn the body’s shape with
chalk, on the road.
So I crossed, and reached the hidden path,
between the fields.
The light changed, as if the sun had just
appeared from behind a cloud, and it all looked shiny and stunningly beautiful.
It looked so amazing I somehow felt confident,
and amazed by life - how it can all come tumbling down in a second, how it still
remains so incredibly touching and beautiful, even when storms roar inside you.
As I climbed up, I remembered a tale from La
Comtesse de Ségur - the one about this young princess who was gifted with all
qualities, except for a nasty curiosity, that had her end up dealing with
forces of evil, in a prohibited forest she should never have entered.
I was back up on the solid, concrete road leading to our house,
when a boy, aged something around 6, came running towards me.
He’d appeared from nowhere, had black skin, and
curly hair, the exact kind of kid I’ve always loved and wanted to have, one day.
I was walking past him, staring at his pretty
figure smiling at me. I smiled back and said: "Bonjour!"
My voice was firm, yet different than usual, maybe
slightly weak, or still holding emotions.
He waited a second, then happily replied: - Ça
fait du bien d’marcher, hein?
- Ouais!,
I answered, still amazed by this vision, and by his words.
They were the exact words I’d told my grandmother's sister in law to assure her I’d rather walk back up alone than have them drive me up the
hill.
- Et
après ça fait mal aux jambes, he said.
I smiled again. I was further up on the road, and
looking as if I’d be gone soon.
He looked at me for some more time, then asked
at the top of his voice, feeling I was walking away:
- T’as
un enfant?
I hadn’t stopped looking at him.
I thought of
my grandmother, of how she would love to one day see me with children.
I also thought of how
she had always been grateful to life for having given me such freedom, how
she’d always encouraged me to enjoy my youth and liberty.
- Pas
encore. Un jour.
The light was still extremely shiny, nature
sublimée.
The houses seemed whiter, the grass and trees
greener, the atmosphere quieter and more peaceful than ever, with singing,
hidden birds.
The boy then spread his arms wide open in my
direction, looking at me with that moving smile, looking both innocent and
wise, somehow omniscient.
He seemed to be giving himself to me, laughing and determined.
As if he was offering me his entire soul and
trust already, desiring the path under my feet, yet at the same time, looking
strong and filled up with the life he wanted, his self insurance and the fact that he must have had a very loving family.
I smiled again, and something unspeakable was in that smile. I waved my hand to
say goodbye, and felt he had understood it all.
He smiled one last time, and went back running,
in an excited, happy, confident way, back to his home.
mardi 28 janvier 2014
Paroles paroles paroles
Toujours et de tout temps les mots m'ont fait quelque chose.
Cette impression qu'ils ne recelaient pas seulement leur sens, mais également l'essence de tout: du lien, du sentiment, la cristallisation du souvenir, le condensé de l'émotion. Qu'à travers les mots utilisés pourraient vivre à nouveau des amours passées, qui s'élèveraient devant nous, génies sortis de leurs lampes.
Et que faire, lorsqu'on craint de voir certains génies apparaître?
Et que faire, lorsque ces lampes recèlent notre plus profonde intimité, celle que jamais l'on ne voudra partager, avec d'autre qu'avec l'être aimé?
Est-ce trop? Y mets-je trop du mien? De mon fantasme, de mon imagination, de mon impression, de ma peur?
Faut-il savoir rester tranquille et confiante, forte de la conviction que les mots ne possèdent ce pouvoir que lorsque échangés entre nous, de lui à moi, et qu'importe si d'autres écoutent? Les mots seraient-ils alors aux autres couverts, cachés, entre les lignes indéchiffrables, et à nous seuls offerts?
Je l'espère…
Cette impression qu'ils ne recelaient pas seulement leur sens, mais également l'essence de tout: du lien, du sentiment, la cristallisation du souvenir, le condensé de l'émotion. Qu'à travers les mots utilisés pourraient vivre à nouveau des amours passées, qui s'élèveraient devant nous, génies sortis de leurs lampes.
Et que faire, lorsqu'on craint de voir certains génies apparaître?
Et que faire, lorsque ces lampes recèlent notre plus profonde intimité, celle que jamais l'on ne voudra partager, avec d'autre qu'avec l'être aimé?
Est-ce trop? Y mets-je trop du mien? De mon fantasme, de mon imagination, de mon impression, de ma peur?
Faut-il savoir rester tranquille et confiante, forte de la conviction que les mots ne possèdent ce pouvoir que lorsque échangés entre nous, de lui à moi, et qu'importe si d'autres écoutent? Les mots seraient-ils alors aux autres couverts, cachés, entre les lignes indéchiffrables, et à nous seuls offerts?
Je l'espère…
vendredi 10 janvier 2014
Chantier? Ruine? Etranger?...
Il en est de l'amour comme des chantiers de ruine.
Comprendre la ville. L'appréhender. Se savoir en terrain étranger. S'adapter. Réapprendre à penser. Découvrir. Réfléchir. Accepter. Changer.
Entrer dans une maison sans électricité, et monter aux étages, malgré le vide, le silence, malgré la grille ouverte, les portes défoncées. On est en Chine, pas à Washington, ceci n'est pas un squat, c'est une exposition. Rooms. Allons-bon.
Pénétrer un chantier, les ruines d'un quartier. Se rendre compte que la musique que nous avons aux oreilles rend plus accrus encore nos autres sens: alerte! alerte! qui va là? qui s'approche? qui je vois?
Personne.
Y a personne et t'es seule. Et tout. va. bien.
Alors? Instinct?
De toujours? Qui sommeille en toi?
Réapprendre. Savoir où l'on est. Où l'on a atterri. Un nouvel homme. Un nouveau pays. Lire la carte. Voir que les rues ne correspondent pas. Dakar, et pas Paris les amis. Berlin, et pas Pékin. T'as compris.
Peut-être.
Peut-être bien que oui…
Comprendre la ville. L'appréhender. Se savoir en terrain étranger. S'adapter. Réapprendre à penser. Découvrir. Réfléchir. Accepter. Changer.
Personne.
Y a personne et t'es seule. Et tout. va. bien.
Alors? Instinct?
De toujours? Qui sommeille en toi?
Peut-on apprendre à changer ce qui en nous a toujours été? La connaissance d'une certaine ville, d'une certaine vie, d'un certain rapport à l'urbain, à l'humain?
Car il en est de l'amour comme des chantiers de ruine, et lorsque le beat se fait violent, que l'alcool se fait présent, et les regards lascifs, c'est en réalité notre interprétation du tout qui le rend blessant, alarmant, fleur bleue contondante qui ne nous lâche pas.
Réapprendre. Savoir où l'on est. Où l'on a atterri. Un nouvel homme. Un nouveau pays. Lire la carte. Voir que les rues ne correspondent pas. Dakar, et pas Paris les amis. Berlin, et pas Pékin. T'as compris.
Peut-être.
Peut-être bien que oui…
mardi 7 janvier 2014
NYC insomnie
08/12
Bon alors oui, c’est quoi la vérité ?
La vérité c’est que ça fait trois mois ma cocotte, eh ouais, ça y est c’est
officiel, record battu je crois, sans raison fixe.
Ouais, et t’as attendu 25 ans pour le
battre ? Pas vraiment fière de toi.
Rentabiliser complètement l’appartement de
Jérôme. Nécessaire et obligatoire.
Bon, et d’autre part, besoin, car triste le
soir et le matin. Besoin de donner du goût à la vie, un autre goût, citron
poivre chocolat, quelque chose en somme.
Est-ce qu’il le comprendra, et au-delà de
ça, est-ce qu’il le voudra ? J’aimerais tellement qu’il le saisissie, rien de
moins compliqué, en version sous-titrée.
Plus de sous-entendus subtils, c’est
presque littéral, et il y en aura malheureusement de moins en moins à mesure
que le temps continuera de passer.
Donc, par pitié messieurs, ne faites pas
tomber plus bas la langue française en traduction, laissez-lui cet honneur de
savoir fleurer bon le mystère et le feu félin.
09/12
Ce que je veux ? Une nuit. Des bulles
dans le champagne. Et je suis sûre de ne pas être la seule.
Car c’est universel, diaboliquement banal.
Mais néanmoins essentiel.
Et le fait de recommencer à écrire n’aide
pas, pour une fois. Ca donne l’habitude de se creuser les méninges, mais ne
fatigue pas le corps.
Qui comprendra ?
Toi dont l’œil frétille, que tu arrêtes de
ton doigt qui serait disgracieux s’il n’était pas puissant ? Tu es à cette
frontière, de l’épaisseur et de la force, de la masse et du félin, du cheveu en
dread et de l’œil pétillant.
Et si nous étions dans un autre monde, tu
me ferais rire, certes, mais voila. Mais voila nous n’y sommes pas et l’odeur
douceatre me suit parmi les couloirs de la nuit, lorsque les interrupteurs se
font rares, et les cœurs battants.
Ca devient violent.
lundi 6 janvier 2014
jeudi 28 novembre 2013
Grazie
Alors comme ça, tout arrive?
Et l'on est une sorcière?
La neige tombe un jour, et ça y est, plus d'enfer?
Exaucée divinisée entendue au plus haut des nues?
Merci, ô, vie, chambranle, et tout le tremblement, d'avoir fait que le zénith rougeoie que la plaine poudroie, sans que ne revienne le tourment.
Mon coeur est bleue Klein de bonheur et la gratitude, ma soeur, coule en mes veines, pailletée.
A nous maintenant de célébrer.
Merci.
Vraiment,
Merci.
Et l'on est une sorcière?
La neige tombe un jour, et ça y est, plus d'enfer?
Exaucée divinisée entendue au plus haut des nues?
Merci, ô, vie, chambranle, et tout le tremblement, d'avoir fait que le zénith rougeoie que la plaine poudroie, sans que ne revienne le tourment.
Mon coeur est bleue Klein de bonheur et la gratitude, ma soeur, coule en mes veines, pailletée.
A nous maintenant de célébrer.
Merci.
Vraiment,
Merci.
mercredi 20 novembre 2013
jeudi 17 octobre 2013
Jésus existe, il couche avec moi.
Jésus est là, les mecs.
Avec nous, undercover.
On se rend compte assez vite qu'il a quelque chose de spécial, qu'il est un peu plus, un peu plus que les autres, un peu différent, un atout, une qualité.
Il m'a fallu deux ans pour saisir et trouver.
Le mot juste, la pensée exacte:
Jésus est là, les mecs.
Il est ressuscité.
Jésus est un homme intégré.
Il travaille dans les bars et dans les arts.
Il est extrêmement avenant, solaire, rayonnant.
Il prend soin des autres. Et s'oublie souvent.
Il boit trop, touche à pas mal de drogues.
Il est beau, grand, sa peau est aussi douce qu'une femme.
Lorsqu'on lui hurle "je te hais", il répond que c'est passager. Que cela ne fera que renforcer l'amitié.
Quand on lui murmure qu'on l'aime, et pour la première fois, il répond, souriant, intimement convaincu: "Je savais que ça arriverait."
Il attire les femmes par sa beauté, son attitude nonchalante, généreuse, et l'amour que naturellement il dégage.
Un amour qui semble découler de chacun de ses pores, de son être tout entier.
Un aura.
Une auréole.
Les hommes aiment sa compagnie, il est souvent partie d'un tout, d'un groupe. Pas forcément leader, pas forcément suiveur. Membre et partie, rayon ardent, source de lumière. Et se commande un autre verre.
Lorsqu'il va dans le plus chaud des déserts, il se met à pleuvoir.
Lorsqu'il ne respecte pas à la lettre les règles de la quête, elle le lui fait bien savoir.
Tremblant de fatigue, de douleur et de faim, il s'écroule de tout son long massif sur un canapé trop petit pour lui, Zorglub tétant au biberon la boisson énergisante concoctée spécialement par le dentiste Gaston, adepte de la bière et de l'hygiène douteuse.
Revigoré le lendemain, il recommence à faire l'amour.
Il est le plus profond et le plus prenant des amants.
Lorsqu'il aime, il aime.
Et continue de répandre son amour autour de lui, sans heurter, avec justesse, sens du partage, et de la fidélité.
Il connaît la mort, la pleure, et l'honore à la fois.
Il connaît son sens, son combat, et respecte ses choix.
Voit plus loin que tout ça.
Il sait. Comprend.
Lorsque ses larmes coulent, on ne peut que pleurer avec lui, même ivre, choquée, même frappée d'incompréhension au fond du panier.
Il est parfois dur de ne pas être jalouse, de ne pas avoir peur de le perdre, de le voir disparaître, tant on l'aime, tant il est notre vie.
Mais ses mots nous convainquent et au fond de nous l'on sait, que son amour est infini, qu'il a choisi, et ne fera rien d'autre que ce qu'il est bon de faire, sans jamais détruire, ôter ou défaire.
On sait qu'on peut lui faire confiance, et pour la première fois.
Lentement, on comprend, on voit.
Et croyons au miracle.
Jesus existe, les mecs.
Et je vis dans ses bras.
Avec nous, undercover.
On se rend compte assez vite qu'il a quelque chose de spécial, qu'il est un peu plus, un peu plus que les autres, un peu différent, un atout, une qualité.
Il m'a fallu deux ans pour saisir et trouver.
Le mot juste, la pensée exacte:
Jésus est là, les mecs.
Il est ressuscité.
Jésus est un homme intégré.
Il travaille dans les bars et dans les arts.
Il est extrêmement avenant, solaire, rayonnant.
Il prend soin des autres. Et s'oublie souvent.
Il boit trop, touche à pas mal de drogues.
Il est beau, grand, sa peau est aussi douce qu'une femme.
Lorsqu'on lui hurle "je te hais", il répond que c'est passager. Que cela ne fera que renforcer l'amitié.
Quand on lui murmure qu'on l'aime, et pour la première fois, il répond, souriant, intimement convaincu: "Je savais que ça arriverait."
Il attire les femmes par sa beauté, son attitude nonchalante, généreuse, et l'amour que naturellement il dégage.
Un amour qui semble découler de chacun de ses pores, de son être tout entier.
Un aura.
Une auréole.
Les hommes aiment sa compagnie, il est souvent partie d'un tout, d'un groupe. Pas forcément leader, pas forcément suiveur. Membre et partie, rayon ardent, source de lumière. Et se commande un autre verre.
Lorsqu'il va dans le plus chaud des déserts, il se met à pleuvoir.
Lorsqu'il ne respecte pas à la lettre les règles de la quête, elle le lui fait bien savoir.
Tremblant de fatigue, de douleur et de faim, il s'écroule de tout son long massif sur un canapé trop petit pour lui, Zorglub tétant au biberon la boisson énergisante concoctée spécialement par le dentiste Gaston, adepte de la bière et de l'hygiène douteuse.
Revigoré le lendemain, il recommence à faire l'amour.
Il est le plus profond et le plus prenant des amants.
Lorsqu'il aime, il aime.
Et continue de répandre son amour autour de lui, sans heurter, avec justesse, sens du partage, et de la fidélité.
Il connaît la mort, la pleure, et l'honore à la fois.
Il connaît son sens, son combat, et respecte ses choix.
Voit plus loin que tout ça.
Il sait. Comprend.
Lorsque ses larmes coulent, on ne peut que pleurer avec lui, même ivre, choquée, même frappée d'incompréhension au fond du panier.
Il est parfois dur de ne pas être jalouse, de ne pas avoir peur de le perdre, de le voir disparaître, tant on l'aime, tant il est notre vie.
Mais ses mots nous convainquent et au fond de nous l'on sait, que son amour est infini, qu'il a choisi, et ne fera rien d'autre que ce qu'il est bon de faire, sans jamais détruire, ôter ou défaire.
On sait qu'on peut lui faire confiance, et pour la première fois.
Lentement, on comprend, on voit.
Et croyons au miracle.
Jesus existe, les mecs.
Et je vis dans ses bras.
mardi 1 octobre 2013
Acceptance, Hortense Acceptation, jourbon
Arrêter de chercher les preuves de ce qui n'est pas, arrêter de vivre dans le fantasme non jouissif, la souffrance non désirable, ce qui fait mal sans faire du bien.
Arrêter de se donner la cravache dont les autres ne nous battent pas.
Comprendre que les choses ont changé, et que ce qui est aujourd'hui, sera. Que c'est là qu'on vit, là qu'on respire, en amour et en amitié.
Que c'est là qu'on est, aimable, aimée.
Le syndrôme de Peter Pan faite femme? Sans tomber dans l'égocentrisme.
Apprendre que tout s'arrêtera de toutes facons, que l'on en ait envie ou non, et qu'on ferait mieux de faire partie du tout, avant qu'il ne disparaisse.
Ô, combien belle et forte est la vie.
jeudi 19 septembre 2013
Complainte de la femme aimée (au XXI° siècle)
"Fait chier toute cette merde
Elle est où la condition de la femme?
Qu'est-ce qu'il est normal d'accepter/ pas normal d'accepter?
Pourquoi on devrait dormir la fenêtre ouverte alors qu'on a froid?
Pourquoi on mettrait de l'ail dans la sauce quand on la digère pas?
Qui a décrété ça?
Pourquoi on devrait rester cool, quand l'énième verre de bière vient tuer la soirée?
Pourquoi on doit toujours écouter les histoires du passé,
de la vie d'avant, en 2010, 2009, 2008, 2007, 2006, 2280?
Pourquoi il faut toujours rester polie devant tout le monde, quand on va pas bien et qu'on aimerait que l'autre s'en aperçoive?
Pourquoi est-il toujours notre priorité, lui, là, quand bien même on aimerait être plus cool, plus détachée? Pourquoi c'est comme ça en nous, et pas autrement?
Pourquoi est-ce qu'on n'arrive pas à prévoir ou faire autre chose, si on sait qu'il est libre et aimerait passer du temps avec nous?
Pourquoi est-ce que, quand il travaille, il fait toujours la fête?
Pourquoi est-ce que nous, quand on travaille, on est sagement à la maison, devant un ordinateur?
Pourquoi est-ce que, quand on travaille, on fait pas la fête?
Pourquoi est-ce qu'on a toujours du temps pour lui?
Pourquoi est-ce qu'on n'est pas nous aussi parties des semaines durant, dans tous ces pays, sur toutes ces routes, avec tous ces gens, tous ces hystériques?
Pourquoi est-ce qu'on ne vit pas autrement?
Pourquoi est-ce qu'il ne vit pas autrement?
Pourquoi est-ce qu'on n'arrive pas à trouver la sérénité?
Pourquoi est-ce qu'on préfère rentrer à la maison plutôt que de s'évertuer à tenir dehors, même si on sait qu'on ne dormira pas?
Pourquoi on ne dort pas?
Pourquoi on se réveille en ayant envie de pleurer pour une futilité, quand en face vit un réel chagrin?
Pourquoi ça reste dur tout ça?
Pourquoi est-ce que quand on veut enfin être un peu altruiste, un peu gentille, parce qu'il a besoin de nous, parce qu'on pourrait faire la différence, pourquoi est-ce qu'on tient trois jours et que soudain c'est l'explosion?
Pourquoi on doit toujours revenir à soi?
Pourquoi, en étant là pour lui trois jours durant, pourquoi, en s'oubliant un peu, on en arrive à se demander quelle est notre place?
Pourquoi on pense vivre dans les années 30?
Pourquoi on a l'impression de pas exister entièrement, de pas être prise en considération?
Pourquoi on pense vivre dans les années 30?
Pourquoi on a l'impression de pas exister entièrement, de pas être prise en considération?
Pourquoi il faut alors provoquer, pleurer, dire et parler de soi?
Pourquoi il faut toujours faire entendre sa voix?
Pourquoi il faut toujours faire entendre sa voix?
Et pourquoi toujours pas de confiance en soi?"
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