lundi 27 mai 2013

Petit chêne deviendra gland


Oublier la piqûre, faire taire la morsure, durcir un peu, un tout petit peu, telle une tendre écorce, pour ne plus se laisser atteindre par l’éphémère foudre, celle qui blesse, attaque, vient de loin, s’en repart aussitôt mais en laissant des traces.

Rappelle toi ma sœur mon enfant, rappelle toi donc de cette grande pièce vide et peuplée, peuplée des troncs morts de ses amours passées, qui ne sont plus, qui se sont tues, qui s’en sont allées, dont ne demeurent que ce que tu veux bien en interpréter.


























Ne pleure plus, ma belle, ma tourmentée, plus de danger, la guerre est finie, les larmes en coulent encore, car il est de ces deuils que l’on ne fait pas en un mois, ni en une année, mais n’aie plus peur.
Tout est désormais beau, apaisé.
Dans le bois de Fautrenne t’attendent ses baisers.




mercredi 15 mai 2013

Quel amour?

Et si l'idée de l'amour exprimée dans le fameux mythe de Platon ne se référait-elle pas finalement à autre chose?

Non pas, comme il est commun de penser, à cette idée d'un être fait de deux corps, de deux alter égos unis et épris l'un de l'autre, composant l'être parfait, l'harmonie faite homme, celle qui, une fois divisée (ô malheur, ô blessure la plus profonde), donnerait deux êtres éperdus, séparés, cherchant à tout prix, coûte que coûte et par besoin vital, leur autre, leur autre, leur ayant été arraché.

Et si elle se réferait, non pas à cette idée-là, mais à celle, plutôt, et plus douloureusement banale, de la mère et de l'enfant, de l'enfant, vivant en sa mère, de la mère, emplie de l'enfant. Et une fois l'accouchement, une fois la séparation, la vie, la route, le grand chemin, alors horreur, alors déchirement, incapacité à vivre, et quête absolue infinie et illimitée de l'autre, de l'autre, par, avec et en soi, que l'on voudrait retrouver.

Alors? Confusion? Et incapacité de jamais ressentir à nouveau ce par quoi nous sommes venus à la vie, à la conscience, à la condition d'être étant?
Alors?
Mythe?
Impossibilité?



"Il faut toujours connaître les limites du possible. Pas pour s'arrêter, mais pour tenter l'impossible dans les meilleures conditions"?

et de là:
"Je sais qu'il existe aussi des amours réciproques, mais je ne prétends pas au luxe"?


Je pose la question...


vendredi 19 avril 2013

Je n'en maîtrise pas le chemin (plainte à Superman)


I don't want anymore. It's too heavy.
I don't understand. 
It's beyond my comprehension.

Yet I've done the same.

So why am I so sad?

I keep forgetting.

Why am I so sad?



Ô heavy,
Ô...



I make you bear this weight cause you've erased so much of the fears I had that I don't understand why you can't erase this one.
It's irrational.




I wish to grow. 



Neuf mois d’habitation


Berlin, désillusion
Les gens passent à côté, me bousculent, me dérangent, comme leurs accents.
Y a trop de vents, trop d’étrangers.
Les bars me sont connus et j’y suis à l’étroit. Habituée.
Plus de surprises dans les tournants, de découvertes dans les venelles
les pavés me heurtent et je hurle à leur encontre, à leur insu, à toutes, au passage incandé-
Sang! Feu! Flamme!
Au bûcher, putain de ma haine
Brûlées, toutes, en finir avec ça
Faire cette ville mienne mon territoire ma loi
Je suis ici chez moi t’as compris t’as entendu ?!
Chez moi mais ils sont où, tous ?
Tous ? HéééééééHOOO ! Disparus envolés subtilisés ? Quand tout autour, des souvenirs, des passages, marqués, des brûlures, oui, des cicatrices, imaginaires et si palpables, au toucher, au goût, à l’amertume Chakalaka. Dont on se défait pas comme ça. Epices Cajun. Rutabaga.
Ô !.....
Putain…


Mais sur les arbres morts, imperceptible, un jeune vert tendre.
Avril. 






jeudi 4 avril 2013

we all get a little mad sometimes


Au moment où l’on a le plus besoin de l’autre, où l’on compte vraiment sur lui, où l’on a vraiment besoin de se laisser aller à lui, à l’autre, de pouvoir se reposer, sur lui, sur son épaule, en sa force en sa stabilité, à ce moment, et tout d’un coup, au détour d’un regard, et alors que les paroles se veulent encore rassurantes, les yeux, les yeux qui déjà ne mentent plus, la sueur, le sourire fou, c’est trop tard, un poignard au cœur, c’est trop tard, ils sont déjà partis, tous, déjà tous fous, déjà tous absents, déjà tous autres, et appartenant à l’autre reine et à l’autre royaume, et différents. On ne peut plus compter sur lui, sur eux, il faut partir, il faut se détacher, trouver, puiser en soi ce qui peut-être nous reste de la force que l’on n’avait plus, partir,
pour aller leur chercher de l’eau,
et quelque chose de sucré. 



jeudi 21 mars 2013

Excuse my French

Fuck Facebook, fuck internet, fuck skype, fuck le téléphone, les sms, les fax, les télégraphes, 3615 ULLA, notre mère à tous, fuck fuck fuckitty fuck


Je veux la peau, la sueur, l'odeur, les draps, le doux, le trop serré, le grand retour, le retrouvé, l'épuisement, le soulagement, jsuis fatiguée, jpeux plus, ça m'pèse, c'est pesant, plus la force d'affronter, plus le front assez grand, plus la tête à ça ni le coeur accroché, je peux plus supporter

la longue distance, la brève communication



mercredi 13 mars 2013

La dictatrice et le polochon


J’aime l’être ensemble, le compagnonnage, le soutien, le support et la complicité. 
Mais je ne suis pas habituée à cette habitude, ce presque sentiment d’acquis. Elle est là, oh, génial, baisers, câlins, cuisine, trois petits tours et nous revoilà.

Je n’ai jamais eu d’homme, toujours des amants. De ceux dont on ne partage que quelques heures d’une vie, sous la lune, dans le rouge des verres étincelants, les yeux dans les yeux et le cœur battant. Pas seulement du drame, Gontran, mais de l’attention, permanente, et à chaque instant.

C’est beaucoup trop en demander, et je le sais, mais c’est encore ce que réclame mon cœur, pas tant comme un caprice, mais comme un vrai besoin, inné, ancré, originel, et d’autre part, sain, dans un sens, car nous forçant à chaque jour nous redécouvrir au jour qui ne sera plus.

Mais comment l’expliquer, comment le faire comprendre, sans, toujours, trop exiger, demander? Tyranniser?