mercredi 19 octobre 2011

La mascarade



Celle qu’on n’est plus

Les mêmes mots, les mêmes corps, les mêmes décors- l’impossibilité de rien retrouver.

La facilité de la nuit, le désespoir du jour et de la routine.


Lisbonne, Berlin, en deux temps.


Lisbonne, Berlin, la nuit, le retour vers l’inconnu.


Ou alors les flash forward: voilà ce que vous serez.


La légèreté, l’impression de tenir un moment qui n’existe qu’en soi, qui plus jamais ne reviendra, l’audace, ce que l’on raconte de soi.

Le problème des frontières- personnelles, professionnelles, amoureuses.

Passer de l’autre côté.











Pourquoi, comment se fait-il que quelqu'un aimant autant passer les frontières, éprouve cependant tant de peine à le faire, lorsque c'est autrement que géographiquement ?



mardi 18 octobre 2011

Je ne veux plus voir personne. (Sur mon petit tapis volant)


Débranchez mon téléphone, le frigidaire,
N'y pensez plus. 

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Il a conduit deux heures comme un fou.
Il arrive.
Et là, il a peur.



Je te donne, tiens, cadeau, pour chaque billet sorti d'un soutien-gorge, le crissement convenu d'une guitare, pour chaque regard en sachant long, un intello en bleu de travail, pour chacune de ces femmes dont tes héros chantent le nom, de l’eau de vie slave le douloureux frisson; pour chaque secret livré à une autre, les matins brûlants des boulevards, les nuits de champagne hostile, les citations à même le mur, sur ma peau de leur encre la piqûre, et leur gourmandise, et leur brutalité, et leur maîtrise passionnée, et leur tendresse teintée de cynisme...

Oui.

Je suis jalouse.











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vendredi 14 octobre 2011

Jambon triste- septembre 2011

Sad ham, Hussein.

Le blues. Celui qui vient se coucher contre toi, pendant ton sommeil,
doucement, tout doucement, pour mieux ne pas te réveiller,
et t'enveloppe de son halo nébuleux, insoupçonné, pour alourdir ton coeur d'une mélancolie sourde et profonde, que tu ne comprends pas, que tu acceptes, déjà, qui est devenue tienne et avec laquelle tu vivras, un temps.




jeudi 13 octobre 2011

La vérité dans la baignoire

Le drame est où on ne l'attend pas,
dans le bonheur, le calme plat

"Vous n'le voyez pas? mais c'est à l'intérieur!"

Du fond de la baignoire, il dit la vérité:

il est la quintessence, la profondeur, l'inespéré
il vit, brûle et rugit, dans chaque cellule de l'être aimé

il est matière première, il est affolante constance

Et partout, et toujours, on le retrouve où on le crée
il est en nous, en eux, il est cent fois miraculé

Enfin je peux m'abandonner À la vie, à son quotidien.
Il est, à jamais, le chemin.





lundi 10 octobre 2011

Vénéneuse Antre

Il est une cuisine baignée de lumière verte, dans laquelle il fait bon s'arrêter. On y sirote un verre, on y fait une rencontre, on s'accoude, on s'endort, on vaque aux plaisirs de la vie.

Parfois, un serpent vient onduler de ses courbes sinueuses le long du comptoir en bois, jusqu'au petit abat-jour kitch que l'un des maîtres a posté là.

Ils sont trois. Trois sorciers qui tour à tour mijotent, et dans l'arrière-pièce font mijoter, la sauce à laquelle nous seront tous mangé.

Nous le savons, plus ou moins vaguement, plus ou moins consciemment, mais nous y aventurons tout de même.

Passé la porte nous coulons là des jours heureux, dans l'ivresse et le rire, et cette pointe grisante d'angoisse à savoir que oui, le destin se joue là, que derrière nous, le chaudron, le bois, le feu follet faisant lentement monter l'ébullition, et que bientôt, (délice! ô abnégation!) nous saurons par lequel nous viendra le poison...



jeudi 6 octobre 2011

Chaos? Cadeau. Ou l'année 2011...


Malgré le souk, le drame, malgré ce goût pour l'infernal,
il m'arrive tout de même de reconnaître l’arbre au milieu de la forêt

Celui qui me sourit, m’appelle

Celui à qui, oui, j’appartiens

Quand bien même rien ne le prouve, quand bien même ils n'y voient rien



Et ce qu’il reste de douleurs autres, il les devine, il les comprend,

C’est près de lui que je viendrai les faire une à une s’écouler,

Pour les mêler ensuite à la terre,

Et en faire de l’argile colorée. 






lundi 26 septembre 2011

Fatigue


La fatigue me guette mais jamais ne m’attrape. Tant et tant elle me rate que j’en suis épuisée.

Epuisée de n’avoir jamais été attrapée.

Ta peau, mon amour qui n’est pas mon amour.
Ta peau contre moi qui seule m’apaise
Ta douce peau qui seule m’offre repos

Garde-moi, mon amour qui n’est pas mon amour
Garde-moi toute une nuit contre toi

Qu’Enfin
Je dorme
Un peu