jeudi 19 mai 2011

Rain

J'aime pas les talons claquants dans le couloir

Les matins dans les ascenseurs

J'aime pas les "- ça va? - il faut bien"



J'aime pas les regards heureux des imbéciles en meute

Les blagues de collègues entre eux

J'aime pas les en-cas de midi achetés dès onze heures, pour être sûrs de pas se retrouver sans choix

J'aime pas le carrelage froid


J'aime pas les baisers routiniers, hauts, sur la pommette


J'aime pas la soufflerie des frigidaires



J'aime pas quand la porte des escaliers de service à la dérobée est fermée

J'aime pas les toilettes partagées


J'aime pas les gens qui n'entendent pas les vélos arriver

J'aime pas leurs chiens


J'aime pas la grosse chaleur dès le matin

J'aime pas les bus trop pleins

J'aime pas qu'il pleuve sur mon vélo resté seul, dehors



J'aime pas dérailler



J'aime pas la graisse noire de la chaîne sur mes doigts

J'aime pas les passants jamais là

J'aime pas quand il me répond pas.









mercredi 18 mai 2011

La Poison

Comme l'habitude reprenait son cours, comme la crainte s'était estompée, l'attente effacée, comme le jour était redevenu facile, et doux, les marguerites matinales clémentes, la rangée des arbres ordonnée, le matin au matin semblable dans son étui de coton vert, j'ai lancé une nouvelle flèche, petite, toute petite, telle la reinette.

Et,
À nouveau,






j'ai hâte.

mercredi 11 mai 2011

Le voilà devant moi. 
Et je suis surprise de son effet immédiat- tout de suite, je souris. 
Un sourire à la fois fraternel (je t'ai retrouvé, toi, mon connu), séducteur malgré moi (le jeu reprend), et ému, aussi... (C'est toi. C'est toi... et j'avais oublié ce que tu me faisais...).









J'ai longtemps cru, en entendant prononcer le mot "fiduciaire", qu'on me parlait de "fille du ciel". 

mardi 3 mai 2011

L'épreuve.

Le reflet de ses yeux teintait de tristesse le paysage à travers la vitre du train.


vendredi 29 avril 2011

L'amour à l'échelle hectares





Everything is unfolding in the utmost perfect way.
Combien j'aime cette vie, cette ville, tout ce qu'elle dégage et promet.
Si Paris est mon âme, New York est mon coeur ou quelque chose du genre, le moteur propulsant l'énergie dans mes veines, celle qui depuis jamais ne me quitte. J'ai retrouvé, en quelques heures, tant d'endroits.





Incroyable de parcourir ainsi une entité aimée, de retrouver un coin, une boutique, un café, comme on regarde avec délectation, comme devant un miracle, les grains de beauté connus sur la peau de l'autre.
Un amour à l'échelle hectares, qui contient douze millions d'autres âmes pamoisées.
Un amour que je n'aurai pas assez d'une semaine pour arpenter.



mercredi 27 avril 2011

16 avril 2011- Rome- 10 heures




New York- comme une promesse.
Comme une femme que j'aimerais, que j'irais retrouver. New York, comme les larmes qui montent aux yeux, le sourire insurmontable, le chancellement, que suit la démarche sûre et pleine d'entrain de celle qui rejoint, qui retourne.
A celle à qui elle appartient.
Il faudra bien que je m'allonge à même le bitume et que je l'embrasse, cette déesse, cette soeur, que je lui dise combien elle m'a manqué.


T'imagines des musiciens qui joueraient pendant vingt ans sans s'arrêter et s'enregistreraient et du coup ce serait un morceau qui durerait vingt ans? Bon déjà deux jours ce serait pas mal. Personne n'a jamais fait ça?


Qu'est-ce qu'on s'raconte alors?
Ah oui l'harmonie.
Des couleurs, sur Lydiane.
Et il l'avais remarqué aussi.
Il faudrait pouvoir ainsi partager cette franche extase sans jamais éprouver ce pincement au coeur, au fond, tout de même, et malgré le miracle- une peur, la peur du potentiel abandon- mot fort. Mais trahison, oui, préférence, désir, attirance.
Si l'on était parfaitement sereins, alors, partage en amitié, rire, jouissance mutuelle pour ces attraits de la vie en général, auxquels nous pourrions goûter ensemble.





Pouvez-vous m'expliquer la différence entre ces gens qui se prennent deux somnifères bam comme ça tous les soirs et deux anti-dépresseurs bam tous les matins et qui se meuvent dans cette trajectoire toute tracée du "bien dormir et pas penser", et nous, qui prenons le chemin vers la nature et la vérité révélée dans le miracle de la vie, de la beauté, de l'harmonie, du tout transcendantal et sublime, de la magnificence advenue?


Ca y est, je recommence à avoir trois fois trop d'idées.
What's the problem baby?
Trop d'envies et pas assez de gens avec qui les accomplir? les commettre? en finir et les achever?

C'est bizarre, tout à l'heure, comme mal réveillée, je me disais soudain "j'ai pas envie d'être là, j'ai envie d'être chez moi", et cette idée était d'autant plus absurde qu'elle ne faisait référence à aucun lieu précis ou identifié.
Plus aussi excitée que tout à l'heure, davantage en quête, avec un soupçon d'appréhension. Les flashs de ma vie passée, de la vie d'il y a deux ans, qui n'a plus rien à voir avec celle-ci.
Ouvrir les yeux, profiter, retrouver la carte postale enchantée, urbaine et colorée.